L’Islande, pays le plus sûr du monde : la paix ne protège pas de tous les risques

L’Islande est la référence lorsqu’on cherche le pays le plus sûr du monde : elle occupe la première place du Global Peace Index depuis 2008. Ce classement mesure toutefois le niveau de paix d’un pays, pas l’ensemble des dangers auxquels un voyageur peut être exposé. Pour choisir une destination rassurante, il faut donc croiser ce résultat avec les conditions locales, la saison et son itinéraire.
L’Islande en tête, mais un classement à lire avec sa date
La position de l’Islande s’explique notamment par sa faible criminalité et son environnement pacifique. Pour un séjour seul ou en famille, ces caractéristiques constituent un point de départ rassurant. Elles ne dispensent pas de préparer les déplacements : sur place, la météo, l’état des routes et les activités de pleine nature demandent une attention particulière.

Le Global Peace Index, publié par l’Institute for Economics & Peace, est la référence généralement utilisée pour comparer les pays. Son édition et sa date de publication doivent accompagner tout classement : les positions peuvent changer, et les listes touristiques ne reproduisent pas toujours fidèlement le même palmarès.
Le tableau ci-dessous reprend les positions attribuées au classement dans l’article de CNews daté de 2026. Il s’agit d’un classement rapporté par ce média, et non d’une vérification directe de la dernière édition publiée par l’organisme.
| Rang rapporté | Pays | Zone géographique |
|---|---|---|
| 1 | Islande | Europe |
| 2 | Nouvelle-Zélande | Océanie |
| 3 | Suisse | Europe |
| 4 | Slovénie | Europe |
| 5 | Irlande | Europe |
| 6 | Autriche | Europe |
| 7 | Portugal | Europe |
| 8 | Singapour | Asie |
| 9 | Finlande | Europe |
| 10 | Japon | Asie |
Ce même article place la France au 99e rang sur 163 pays. Ce rang ne signifie pas que chaque destination mieux classée présente moins de risques dans toutes les situations. Pour connaître le palmarès le plus récent, il faut consulter la publication annuelle de l’Institute for Economics & Peace plutôt que rapprocher des listes d’années différentes.
Ce que mesurent réellement les 23 indicateurs du Global Peace Index
Le Global Peace Index compare 163 pays à partir de 23 indicateurs. Il ne repose donc ni sur un simple sondage auprès des touristes ni uniquement sur le nombre de vols ou d’agressions. Son objectif est plus large : apprécier le niveau global de paix.
Indice mondial de la paix 2023 : classement et tendances — Consultez l’analyse mondiale de la paix, son classement par pays et la neuvième année consécutive de dégradation observée.
Les indicateurs sont répartis dans trois grands domaines :
- La sûreté et la sécurité dans la société, avec notamment les homicides, le sentiment de sécurité et les forces de sécurité.
- Les conflits persistants, internes ou internationaux, et leurs conséquences humaines, notamment les déplacements de population.
- La militarisation, qui comprend notamment les dépenses militaires et les transferts d’armes.
Cette approche explique pourquoi pays pacifique, pays à faible criminalité et destination touristique sûre ne sont pas des synonymes. Les dépenses militaires influencent un indice de paix, mais ne décrivent pas directement le risque de vol dans un quartier touristique. Inversement, un bon sentiment de sécurité ne renseigne pas sur les dangers d’une route de montagne.
Le classement constitue ainsi un filtre utile pour comparer des environnements nationaux. Il est moins adapté pour départager deux quartiers, sélectionner une randonnée ou évaluer l’accès aux soins loin d’une grande ville. Une moyenne nationale masque nécessairement des différences locales.
Quelle destination sûre choisir selon son voyage ?
En Europe : distinguer séjour urbain et vacances en pleine nature
L’Islande, la Suisse, la Slovénie, l’Irlande, l’Autriche et le Portugal offrent des possibilités très différentes. Pour un court séjour, mieux vaut comparer les transports, l’emplacement du logement et les horaires d’arrivée plutôt que choisir uniquement le meilleur rang. Vienne ou une ville suisse peuvent convenir à un programme urbain ; l’Islande et la Slovénie attirent davantage les voyageurs souhaitant intégrer des activités de nature.
Avec des enfants, la facilité du parcours compte beaucoup : trajets raisonnables, hébergement accessible et solutions de repli en cas de mauvais temps. Un itinéraire simple dans un pays bien classé peut être plus rassurant qu’un circuit ambitieux dans le pays arrivé premier.
En Asie et en Océanie : penser aussi à la logistique
Singapour et le Japon sont des pistes pertinentes pour un premier voyage en Asie, notamment pour leurs transports organisés. La préparation reste différente : à Singapour, il faut se familiariser avec les règles locales ; au Japon, intégrer les consignes relatives aux risques naturels et anticiper les déplacements facilite le séjour.
La Nouvelle-Zélande convient davantage à un projet de longue durée orienté vers la découverte et le plein air. Depuis Paris, le trajet représente plus de 23 heures de vol avec escales : la fatigue à l’arrivée doit entrer dans le programme, particulièrement avant de prendre le volant.
Pour une femme voyageant seule, une personne LGBTQIA+ ou un voyageur à mobilité réduite, le rang national ne suffit pas davantage. Il faut vérifier les droits locaux, les conditions d’accueil, l’accessibilité réelle et les possibilités de transport adaptées à son parcours.
Dans les pays les plus sûrs, les risques changent de nature
Une faible violence ne supprime ni les accidents ni les événements naturels. En Islande, les conditions météorologiques et les alertes concernant certaines zones peuvent modifier un circuit. En Suisse ou en Autriche, une excursion en montagne exige un équipement et un niveau adaptés. Au Japon et en Nouvelle-Zélande, les consignes locales relatives aux risques sismiques méritent d’être connues.
En ville, conserver ses précautions contre les pickpockets et les vols opportunistes reste raisonnable. Un téléphone posé sur une table ou un bagage laissé sans surveillance demeure vulnérable, même dans une destination réputée paisible. L’objectif n’est pas de voyager inquiet, mais d’éviter que la réputation du pays remplace la vigilance.
La sécurité d’un séjour ressemble à un tissu : chaque fibre compte, du logement au dernier trajet du soir. Un pays très bien classé ne compense pas forcément une arrivée nocturne sans transport, un hébergement isolé et un téléphone déchargé. Examiner les jonctions du voyage — aéroport, correspondance, remise des clés, retour d’excursion — permet souvent de repérer les fragilités les plus faciles à corriger.
Pour une installation durable, ajoutez d’autres critères : accès effectif aux soins, assurance, quartier de résidence, déplacements quotidiens et situation administrative. La tranquillité d’une semaine de vacances ne préjuge pas entièrement de la sécurité de la vie quotidienne.
Les vérifications utiles avant de réserver et de partir
France Diplomatie est la référence officielle française pour préparer un départ. Ses fiches « Conseils aux voyageurs » complètent le classement mondial avec des informations sur les zones de vigilance, la santé, les transports et les règles locales. Consultez-les avant de réserver, puis à nouveau à l’approche du départ.
- Vérifiez l’itinéraire précis : régions traversées, quartiers du logement et conditions des excursions.
- Contrôlez la saison : météo, durée du jour, état des routes et risques naturels pertinents.
- Préparez les imprévus : couverture médicale, assistance, éventuelle évacuation et copies des documents.
- Sécurisez les déplacements : transport à l’arrivée, pauses après un long vol et solution de retour.
- Suivez les alertes locales pendant le séjour et respectez les fermetures de sites ou de routes.
L’Islande reste une réponse solide à la recherche du pays le plus sûr du monde selon l’indice de paix. Pour vos vacances, le meilleur choix sera surtout celui qui associe un environnement pacifique, un itinéraire adapté et une préparation proportionnée aux risques réels.