Conseils trek & matériel
Avant / après : mon sac de trek, de 14 à 9 kg
Sur la photo avant, mon sac avait fière allure : une tente compacte, une popote complète, trois couches de vêtements et suffisamment d’accessoires pour ouvrir une petite boutique de plein air. Sur le sentier, en revanche, il pesait 14 kg. Après quelques heures de montée dans les Alpes, chaque gramme avait cessé d’être abstrait. Il tirait sur les épaules, ralentissait les pauses et transformait les descentes en exercice de patience.
J’ai donc décidé de tout vider, de tout peser et de repartir d’une question simple : de quoi ai-je vraiment besoin pour marcher plusieurs jours en autonomie raisonnable ? Le résultat n’est pas un sac ultraléger de compétition, mais un équipement plus cohérent, passé à 9 kg hors eau et nourriture.
Le déclic : peser avant de supprimer
La première étape n’a rien de spectaculaire. J’ai posé chaque objet sur une balance de cuisine, y compris les petits éléments qui semblent négligeables : câbles, housse de pluie, briquet, couteau ou paire de chaussettes de secours. C’est précisément l’accumulation de ces détails qui faisait gonfler mon sac.
J’ai ensuite créé quatre piles : indispensable, utile, remplaçable et « au cas où ». Cette dernière était la plus volumineuse. Elle contenait des objets rassurants, rarement utilisés, comme une deuxième lampe, un pantalon épais ou un livre de poche. Une fois isolés, ces éléments ont été beaucoup plus faciles à questionner.
Les 5 kg gagnés, catégorie par catégorie
1. Le couchage : moins de volume, pas moins de sommeil
J’ai commencé par le plus lourd : la tente et le couchage. Ma tente précédente dépassait 1,8 kg et son grand tapis de sol intégré ajoutait encore du poids. Je l’ai remplacée par un modèle deux places plus simple, pesant 1,1 kg. Pour le sol, un morceau de film renforcé découpé aux bonnes dimensions suffit à protéger le plancher.
Le matelas a également été remplacé par une version plus compacte. Je n’ai pas choisi le modèle le plus minimaliste : dormir correctement reste essentiel pour récupérer et profiter du trek. Le gain total sur cette partie atteint environ 1,4 kg, sans sacrifier l’abri ni le confort de base.
2. Les vêtements : penser en couches
Mon ancienne liste ressemblait à celle d’un départ pour quatre saisons. J’emportais trop de pièces « au cas où », alors qu’un système en couches est beaucoup plus efficace :
- un tee-shirt technique porté et un modèle de rechange ;
- un short léger, utilisable aussi pour dormir ;
- une polaire fine et une veste imperméable ;
- un collant thermique pour les nuits fraîches ;
- deux paires de chaussettes, lavées en alternance ;
- un bonnet et des gants fins selon l’altitude.
La règle qui m’a aidé : chaque vêtement doit avoir au moins deux usages ou répondre à une situation réellement probable. Le gros pantalon de randonnée a disparu au profit d’un pantalon léger porté pendant la marche. Résultat : 1,2 kg de moins dans le sac, et un ensemble bien plus facile à organiser.
3. La cuisine : revenir à l’essentiel
J’avais emporté une casserole, une tasse, un bol, des couverts et plusieurs sachets d’épices. Mon nouveau kit tient dans une popote de 750 ml : un récipient, une cuillère longue et un petit réchaud. Le couvercle sert à accélérer la cuisson et la tasse devient inutile puisque je bois directement dans ma gourde.
Pour les repas, je privilégie désormais des aliments simples, caloriques et faciles à préparer : semoule, purée déshydratée, flocons d’avoine, fruits secs et fromage à pâte dure. Le but n’est pas de reproduire une cuisine de restaurant au milieu d’un col, mais de manger chaud avec un minimum de manipulations.
4. L’électronique : un seul appareil principal
En tant que designer, j’ai naturellement envie de documenter chaque paysage. Pourtant, appareil photo, tablette, batterie externe, chargeurs et câbles représentaient près d’un kilo. J’ai gardé mon téléphone, une petite batterie de secours et un câble unique. Il me sert à la fois pour les photos, la navigation, la météo et les notes de terrain.
Cette simplification a aussi changé mon rapport au voyage. Je photographie moins, mais je regarde davantage. Un sommet n’a pas besoin d’être archivé sous quinze angles pour rester un souvenir fort.
Le poids du sac influence aussi la façon dont le corps encaisse les kilomètres. Pour mieux comprendre les tensions qui peuvent apparaître lors d’une longue marche, notamment au niveau du dos ou du cou, cette ressource consacrée à la santé vertébrale et à l’ergonomie propose des explications accessibles. Cela ne remplace évidemment pas un avis médical en cas de douleur persistante.
Ce que je n’ai pas supprimé
La chasse au gramme peut vite devenir une obsession. Je n’ai pas retiré les éléments qui améliorent réellement la sécurité ou la récupération. Une trousse de secours complète, une couche chaude, une lampe frontale fiable et un peu de marge alimentaire restent dans mon sac. J’ai également conservé une petite batterie externe : perdre son itinéraire ou son moyen de contact pour économiser 150 g n’aurait aucun sens.
Je garde aussi une mini-serviette, un savon solide et quelques sacs étanches. Ils ne sont pas glamour, mais ils rendent les journées pluvieuses beaucoup plus faciles. L’objectif n’est pas de souffrir élégamment : c’est de trouver le meilleur équilibre entre autonomie, confort et simplicité.
Le résultat sur le terrain
À 9 kg, le changement se ressent dès les premiers kilomètres. Les épaules restent plus détendues, les pauses sont dictées par le paysage plutôt que par la fatigue et les descentes deviennent plus fluides. Je marche à un rythme plus naturel, sans cette sensation de lutter contre un objet posé sur mon dos.
Le plus intéressant est peut-être ailleurs : un sac plus léger laisse de la place mentale. Je réfléchis moins à mon équipement et davantage à l’itinéraire, aux couleurs du relief et aux détails qui donnent son caractère à une randonnée. C’est exactement ce que je cherche dans chaque aventure, qu’elle se déroule sur un sentier alpin, au Japon ou au détour d’une route européenne.
Ma méthode pour votre prochain départ
Avant de remplacer tout votre matériel, commencez par faire l’inventaire de ce que vous possédez déjà. Pesez chaque catégorie, notez les objets jamais utilisés et vérifiez ce qui peut être partagé avec votre partenaire de marche. Ensuite, améliorez une seule pièce à la fois, en privilégiant les éléments les plus lourds : tente, sac, couchage et vêtements.
Enfin, testez votre configuration sur une randonnée d’une journée. Un équipement léger qui vous gêne ou vous expose au froid n’est pas une bonne affaire. Le meilleur sac est celui qui correspond à votre itinéraire, à la saison et à votre manière de voyager. Pour d’autres idées de préparation, de destinations et de vie nomade, découvrez aussi notre page d'accueil.